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Les réflexes archaïques sont des mouvements automatiques que l’on observe chez le nouveau-né déclenchés par des stimuli internes/externes spécifiques.

Leur présence est le signe du bon développement du système nerveux et du tonus musculaire du bébé. C’est pourquoi le pédiatre en contrôle systématiquement quelques-uns lors du premier examen à la maternité.
Certains apparaissent pendant la vie fœtale, d'autres pendant l’accouchement, et quelques uns dans les semaines qui suivent. Ils sont essentiels à la survie du nouveau-né (Ex: réflexe de recherche du sein puis celui de succion, etc).

Après leur apparition, chacun de ces réflexes (on en a observé environ 70) a une phase d’activation plus ou moins longue, puis d’inhibition. Ce programme est commun chez l'être humain. 

À la naissance, toutes les parties du cerveau sont en place mais ne fonctionnent pas encore pleinement. Si tel était le cas, la taille du cerveau serait telle que le crâne ne pourrait passer dans le canal uterin lors de la naissance. Le nouveau-né va donc devoir "terminer" la maturité de son cerveau dans les mois suivants. Pour que l'enfant puisse se servir de son cerveau comme d'un "outil" à part entière, des connexions entre ses différentes parties doivent être établies.

C'est grâce aux mouvements réflexes de son corps et aux multiples stimuli sensoriels expérimentés à travers le mouvement, que les fibres nerveuses vont pouvoir se développer et former un réseau de communication entre toutes les parties de son système nerveux.

 


La phase d’intégration se déroule pour la majeure partie des réflexes avant l’âge de 1 an mais elle peut se prolonger jusqu'à 3 ans environ (jusqu'à l'âge d'un an, les connexions du système nerveux se développent à raison de 4,7 millions par minute)

En fait, le schéma réflexe cède peu à peu la place à un mouvement contrôlé et volontaire. Par exemple, le réflexe de grasping (si vous mettez un doigt dans la main du bébé, il ne peut s’empêcher de le serrer fortement), se transforme peu à peu en un mouvement volontaire chez le petit enfant. Celui-ci va progressivement être en mesure de décider s’il souhaite (ou non) prendre/lâcher n’importe quel objet.


 Un enfant dont les réflexes ont été suffisamment activés, puis intégrés, ressent un état de sécurité intérieure. 
Il a une compréhension mature de lui-même, tant sur le plan physique qu'émotionnel et, par conséquent, une meilleure compréhension des autres et de son environnement. Il renforce peu à peu ses facultés d'adaptation.


Cependant, on a constaté que chez des enfants ou des adultes, certains réflexes, soit ne s'étaient pas bien développés, soit ne s'intégraient pas complètement. 

Si certains réflexes ne se développent pas, l'enfant va vite manquer de tonus musculaire, ce qui va retarder son développement moteur, générer un faible réseau de communication entre les parties du cerveau et entraîner des difficultés d'apprentissage.

Si les réflexes se développent mais ne s'intègrent pas au système nerveux, ils vont rester plus ou moins actifs et constituer une gêne pour l’enfant dans l’acquisition des apprentissages : pour reprendre l’exemple du grasping, si celui-ci reste un peu actif, il va peut-être s’ensuivre pour l’enfant une pression excessive sur son stylo, un archet, une raquette de tennis, etc.

Il est essentiel de comprendre que la rémanence de plusieurs réflexes archaïques constitue pour l’enfant ou l’adulte un stress corporel tel qu’il lui est très difficile de se consacrer pleinement à ses objectifs d’apprentissage. Son énergie va être dépensée en premier lieu à l’élaboration de stratégies posturales pour rechercher une sensation de sécurité : ainsi, on peut voir très souvent dans une classe des enfants enrouler systématiquement leurs jambes autour des pieds de leur chaise, ou encore s’asseoir à califourchon avec une jambe repliée sous une fesse, etc.

Ce sont autant de petits gestes automatiques pour « verrouiller » ce corps qui intérieurement a envie de bouger dans tous les sens comme lorsqu’il était bébé afin de créer ce réseau de fibres nerveuses qui lui fait défaut aujourd'hui.

Dans ces conditions, on comprendra que l’enfant n’a pas accès à tout son potentiel d’apprentissage.

 
 

« Les réflexes du nourrisson influencent le développement moteur et ce dernier est d’une importance cruciale pour le développement du cerveau, pour les processus mentaux et intellectuels de la vie future de l’individu. Non seulement les réflexes archaïques constituent la base neurologique pour développer le contrôle de nos mouvements, mais ils sont importants car ils nous protègent et nous aident à survivre dans des situations de stress ».   S.Masgutova



                


   




En consultation, des tests approfondis permettent de repérer quels réflexes spécifiques sont à travailler dans le cadre de l'objectif émis par la personne.

Si votre enfant ou vous même présentez quelques-uns des troubles listés ci-dessous au point d’en être gêné, on peut alors penser que certains des réflexes ne sont pas intégrés complètement au schéma moteur:

- difficultés à rester attentif
, TDA/TDAH
- incapable de se concentrer sur une voix si des bruits de fond existent

- cherche des excuses pour pouvoir bouger tout le temps

- aime se balancer sur une chaise

- envahit l’espace des autres

- agit impulsivement

- manifeste un comportement irrationnel, agressif.

- est facilement frustré

- a des difficultés à s’orienter

- évite les activités physiques

- ne peut pas faire des exercices simples de coordination bilatérale ou est en retard dans son développement (ex. sauter à la corde, faire le pantin)

- trébuche et tombe fréquemment

- frappe les talons lorsqu’il marche
 ou marche sur la pointe des pieds
- mâchouille tout

- touche tout
 
- est dérangé par les étiquettes des habits
- ses semelles sont inégalement usées

- enroule ses jambes autour des pieds de sa chaise
- a un faible sens de l’organisation


- a besoin de lire en suivant les mots avec le doigt

- a une faible compréhension en lecture

- n’aime pas lire

- tient son crayon très serré et avec force

- n’aime pas écrire

- présente un travail avec beaucoup de ratures

- a une écriture très irrégulière 

- manifeste un comportement et une qualité de travail contradictoires

- parait plus intelligent que ne le reflètent ses performances scolaires
- a mis longtemps avant de savoir nouer ses lacets
- a eu beaucoup de difficultés à faire de la bicyclette
- ouvre la bouche pour attraper une balle, découper aux ciseaux, etc
- a du mal à grimper à l'échelle ou à prendre l'escalator en montant ou descendant,
- est hypersensible à la lumière, au toucher, aux sons,
- est hypersensible sur le plan émotionnel,
- déteste les imprévus ou les changements dans les habitudes,
….
 
 

 































Vous trouverez dans le tableau ci-après un descriptif de quelques réflexes primitifs et posturaux et des conséquences possibles de leur non intégration. 


Réflexes primitifs et posturaux
Description
Conséquences possibles si réflexe non intégré
Réflexe d’agrippement  (primitif)
Si vous touchez les mains ou les doigts de votre bébé, il s'agrippe fortement puis lâche prise, si on lui tend l'index, il s'y agrippe très vigoureusement au point qu'on peut le soulever.
Difficultés avec les activités de motricité fine. Agrippement des doigts sur le crayon (pression excessive), difficulté à bien tenir ses couverts
Réflexe Tonique Symétrique du Cou (postural)

  

Lorsque le bébé est allongé sur le ventre, l’extension de sa tête vers l’arrière provoque une extension des bras et une flexion des jambes.
Lorsqu’il penche sa tête vers l’avant, ses bras fléchissent et ses jambes se raidissent et font monter ses fesses. Certains bébés dorment dans cette position, les fesses relevées.
L’alternance de ces deux positions amène peu à peu l’enfant à trouver un équilibre pour se mettre à 4 pattes. Vers 7- 8 mois, il  devrait marcher à 4 pattes et ce réflexe être inhibé.
Pendant la très courte phase d’activation de ce réflexe (de 6 à 8 mois environ), le bébé s’entraîne à passer de la vision proche à la vision lointaine, développant ainsi sa capacité à se focaliser sur un objet proche ou lointain.
 
Mauvaise coordination entre le haut et le bas du corps, par exemple en nageant.
Tendance à s’affaisser sur son bureau, à replier ses jambes sous ses fesses, ou posture assise décalée, besoin de bouger d’où manque d’attention et possible hyperactivité.
Tonus musculaire faible.
Lenteur pour recopier sur son cahier ce qui est écrit au tableau.
Enroule ses pieds autour de ceux de la chaise.
Réflexe Tonique Asymétrique du Cou (postural)

        
Le RATC est surtout présent dans les trois premiers mois et est déclenché par la rotation de côté de la tête, le bébé étant couché sur le dos. La réaction consiste en une extension ample du bras et de la jambe du côté vers lequel la tête est tournée et une flexion des membres opposés.
Mauvaise coordination œil/main, cahier excessivement penché sur le bureau, tenue inversée du stylo.
Décalage entre niveau écrit (faible) et oral (bon).
Difficulté pour un droitier à écrire dans la partie gauche de sa feuille (et inversement pour un gaucher). Écriture non rectiligne, très irrégulière.
Poursuite oculaire fastidieuse, saut de ligne en lisant (nécessité de suivre les mots avec le doigt).
Latéralisation problématique (difficulté à se servir des deux côtés du corps à la fois).
Après 8 ans, a des difficultés à reconnaître sa droite de sa gauche.
Marche automatique (primitif)
 
Lorsque l'on soulève le bébé par les aisselles et qu'on le penche légèrement en avant, il se redresse puis se met à marcher, un pied devant l'autre, sur la plante s'il est à terme et sur la pointe s'il est prématuré. Ce réflexe s'inhibe au bout de 2 ou 3 mois, pour réapparaître plus tard sous forme volontaire.
Se déplace en tapant le sol avec ses pieds.
Problèmes de concentration.
Rejet ou évitement d’informations nouvelles.
Réflexe de Succion (primitif)

     

Pouvoir prendre et avaler la nourriture est vital, cela fait partie des compétences qu'il a développé in utero, dont vous avez ressenti les effets au travers des petits soubresauts des hoquets...
Mauvaise articulation (mange les mots). 
Avale la nourriture sans la mâcher suffisamment. 
Suce son pouce ou sa tétine très longtemps.
Réflexe de Moro (primitif)


Lorsque l'inclinaison de la tête du bébé change brusquement, ou lorsqu'il y a un son soudain, ou quelque chose qui le surprend, il écarte les 2 bras symétriquement en prenant une vive inspiration, puis se recroqueville, et se met à pleurer.
Hypersensibilité
Facilement distrait
Rêveur
Anxiété
Manque de maturité émotionnelle et relationnelle
Timidité
Allergies et faible immunité
Déteste le changement ou l’effet de surprise
Besoin de contrôler les situations
Faibles capacités d’adaptation.
Réflexe Spinal de Galant (primitif)
  

Lorsque le bébé est allongé sur le ventre ou le côté et qu’on stimule un côté de sa colonne sans la toucher, cela provoque une flexion de tout le corps vers le côté stimulé. Il peut y avoir extension de la jambe opposée.
Permet au fœtus de se positionner tête en bas pour naître et est actif pendant la naissance en alternant les flexions d’un côté à l’autre pour s’avancer dans le canal de la naissance
Difficultés à rester assis
Manque d’attention, de persévérance, fatigue
Problèmes de coordination
Posture instable
Énurésie possible

Réflexe tonique labyrinthique (postural)
 
    
    
   
Le RTL se déclenche en réponse au déplacement de la tête du bébé. Si la tête va vers l’avant, le corps se replie sur lui-même. Vers l’arrière, il y a extension du dos et des membres. Vers 3 mois, le RTL permet au bébé de tenir à plat ventre en relevant la tête. Ce réflexe cependant a besoin d'être inhibé pour que l'enfant puisse se mettre à 4 pattes vers 8 - 9 mois. Si le RTL est toujours présent à ce stade, le bébé est incapable de soutenir son propre poids en tendant les bras et en ramenant les genoux sous le corps.
Confusion des lettres (graphisme bp/dq)
Ne comprend pas ce qu’il lit
Difficultés pour mémoriser des informations séquencées (tables de multiplication ou addition, jours, mois, liste de choses à faire, etc.)
Problèmes posturaux liés à des muscles trop contractés ou trop détendus, tendance à marcher sur la pointe des pieds
Mal des transports
Difficultés d’orientation spatiale, avec le concept temporel, incompréhension des consignes
N’aime pas les activités physiques
Mauvais équilibre
Difficultés pour monter ou descendre un escalier, une échelle, etc.

 



 
 
 

 

Un lien existe entre les mouvements du bébé et ses facultés d'apprentissage. Les gestes ont besoin d’être répétés encore et encore pour être intégrés au système corps/mental, et ce, même dans le ventre de la maman. Ainsi, les petits coups de pied du bébé dans le ventre sont l’effet du réflexe tonique asymétrique du cou qui apparaît dès le 3ème mois de grossesse. Afin de bien se développer, le cerveau humain doit passer par des étapes immuables et dans un ordre bien précis. Tous ces mouvements, ces stimulations sensorielles ou vestibulaires vont développer les connexions entre les différents niveaux du cerveau. Si un cerveau a développé un réseau de neurones suffisamment étendu, il sera prêt à recevoir et à traiter en temps voulu toutes les informations qui constituent les apprentissages. Inutile donc de stimuler précocement l'intellect d'un enfant, il n'en sera pas plus "intelligent" pour autant. Un enfant devrait pouvoir bouger le plus possible afin de se constituer un "capital" cérébral solide, et ce, en respectant certaines étapes. Le fait de ramper et de marcher à 4 pattes en sont une. 

Or, certains réflexes qui s’activent pendant la naissance sont les prémices du ramper et du 4 pattes. Il a été constaté que la plupart des enfants dont les réflexes n’étaient pas intégrés étaient nés soit par césarienne, soit à l’aide des forceps, ou encore que l’accouchement avait été très rapide, ou que la mère avait reçu des pressions sur le ventre, le bébé avait le cordon autour du cou, ou né prématurément, etc.

Ces enfants n’ont, pour la plupart, pas marché à 4 pattes, étape qui permettrait en fait la spécialisation des hémisphères cérébraux droit et gauche, et la mise en place d’une bonne latéralisation.

Une étude menée par la psychologue russe Svetlana MASGUTOVA montre que sur 832 enfants de 4 à 12 ans, 78% des enfants ayant des problèmes de mémorisation présentaient un réflexe tonique asymétrique du cou toujours actif. Quant à Paul DENNISON, Docteur en Sciences de l’Éducation, il a observé que 50 à 55% des enfants souffrant de dyslexie et de perturbation du langage présentaient également un réflexe tonique asymétrique du cou actif.

Cependant, il est peu probable qu’un seul facteur soit en cause. Il s’agirait plutôt d’une combinaison de plusieurs paramètres qui mène à la persistance de réflexes primaires au-delà de l’âge de leur inhibition (facteurs héréditaires, grossesse, accouchement, petite enfance, etc.)

















Ave....Caesar !!

Si on ne peut que louer les progrès des techniques opératoires et de l'anesthésie pour que cela se passe le mieux possible du point de vue médical pour la santé de la mère et de l’enfant, la  césarienne en tant que mode d'accouchement prend de nos jours une place de plus en plus importante. D’après les statistiques de SAE, le taux de césariennes est passé de 16,3% en 1999 à plus de 20% en 2008. Des variations importantes du taux de césariennes ont été constatées selon les régions géographiques et les établissements. Selon le CNOG, Collège National des gynécologues-obstétriciens français, près de 10% des césariennes seraient des césariennes de confort ou de convenance.


























































   




Aujourd’hui, on ne remet plus en question la plasticité cérébrale, et c’est grâce à cette plasticité que l’on peut intervenir sur la réintégration des réflexes.

Des techniques permettant de ne plus subir les conséquences de la rémanence des réflexes archaïques ont été mises au point par des équipes de médecins et chercheurs aux USA, en Angleterre, en Suède, en Pologne.

La plupart des techniques utilisées consistent en des mouvements corporels ou des pressions isométriques (contre résistance), très spécifiques, effectués lentement,  de façon à redonner au système corps/mental des informations qui ont manqué pendant la première année de vie. Les mouvements rythmiques du programme de RMTTM sont particulièrement efficaces, car ils reproduisent des séquences de mouvements rythmiques effectués spontanément par le bébé (voir video ci-dessous), et sont très agréables et ludiques.

                            

(pour visionner la video ci-dessous, cliquez sur l'icône de plein écran)

                                 




Les techniques proposées en séance individuelle ont été pour la plupart élaborées par Svetlana MASGUTOVA, Dr en Psychologie éducative du Développement, Paul DENNISON, Dr en Sciences de l’Éducation, Harald BLOMBERG, psychiatre et fondateur de RMTTM (Rhythmic Movement Training) , Sally GODDARD et Peter BLYTHE, psychologue et fondateur de l'INPP (Institute for Neuro-Physiological Psychology) au Royaume-Uni.



 
 
 
 

Les études menées sur les programmes :

-       Mc philips M, Hepper PG, Muhern G. Effets de la répétition des mouvements primaires réflexes chez les enfants présentant des difficultés spécifiques en lecture. A randomised, double-blind, controlled trial. Publié ds le Lancet en 2000 : 355 : 537-41

-       Jordan-Black . Les effets du programme de mouvements primitifs sur les résultats scolaires d’enfants à l’école primaire. Publié dans le Journal of Research in Special Educational Needs, 2005 ; 5(3) : 101-111

-       Persistence des réflexes archaïques chez les enfants présentant des difficultés en lecture (dysléxiques) : A cross-sectional study MC PhilipsM, Jordan-BlackJ-A. Publié dans Neuropsychologia 2007 ; 45 : 748-754

 

Ces études menées plus d’un millier d’élèves dans 13 écoles primaires en Irlande du Nord pendant 2 ans, montrent que la répétition des mouvements primaires réflexes joue un rôle majeur dans l’intégration de ces réflexes et que cette intégration peut encore se faire à un stade ultérieur du développement au cas où ces mouvements n’auraient pu être faits dans les premiers mois de vie.

Des études affichant des résultats similaires ont été menées en Australie, en Pologne, aux USA.

 




                                                    






























 



De nombreux psychologues et éducateurs soutiennent l’idée que le progrès intellectuel du nourrisson dépend de son développement sensoriel et moteur : Piaget, Vigotsky, Montessori, etc. 

Les bébés se développent chacun à leur rythme. Ce rythme dépend de la maturité et de la pratique. Les bébés ont besoin de l’espace nécessaire à la pratique de leurs toutes nouvelles capacités avant de pouvoir se lancer à la conquête de nouvelles compétences. Le corps de votre bébé a une intelligence naturelle. Il sait de quoi il a besoin et quand il doit passer à autre chose. Vous pouvez aider votre enfant dans ses découvertes et utiliser ce savoir avec les précautions nécessaires et l’environnement sécurisé qui encouragera le jeu et la stimulation sensorielle appropriés à son âge.

N’hésitez donc pas à stimuler votre bébé sur le plan sensoriel, et ce, d’autant plus que sa naissance aura nécessité une intervention médicale importante.


Le réflexe d’attachement qui apparaît pendant les 45 à 60 minutes après la naissance (J. Ch. Pearce et B. Nikitin) a une influence cruciale sur la future sensibilité physique et émotionnelle de sécurité et sur la formation d’une confiance ou d’une méfiance de base envers le monde (E. Erickson). Ce réflexe est en formation jusqu’à 7-8 mois de vie. 

Selon S. Masgutova, le bébé, dès sa venue au monde, devrait  - dans la mesure du possible - être placé sur le ventre de sa mère et entendre sa voix, puis ramper jusqu'au sein afin d’activer les premiers mouvements de succion. Ce n’est qu’ensuite que l’on devrait couper le cordon ombilical.

Si l'allaitement naturel n'est pas choisi, lorsque vous donnez le biberon, changez quand même le bébé de bras à chaque tétée afin de stimuler alternativement les yeux et oreilles des côtés gauche et droit. Ce sont autant de gestes naturels qui ont pour finalité de contribuer à la latéralisation.

Pendant les 2 ou 3 premières années, l’objectif prioritaire des parents ne devrait être autre que celui de sécuriser l’enfant (sur les plans nourricier, affectif, émotionnel, physique, etc.) sans jamais en faire l’économie sous prétexte et/ou par principe éducatif. Le petit enfant qui a la chance de grandir dans un environnement où il se sent pleinement en sécurité a tous les atouts pour devenir un adulte équilibré et épanoui.

Masser le bébé permet également de réveiller sa proprioception, et  le massage de « cross patterning » (consiste à prendre le pied et la main opposée et à les faire se toucher, puis idem de l’autre côté) peut être très bénéfique dans le sens où il « suggère » au système nerveux du bébé les prémices du ramper puis de la marche à 4 pattes. Si le bébé aime les moments privilégiés de massage avec sa maman ou son papa, n’hésitez pas à vous procurer un ouvrage plus détaillé. (exemple : « masser bébé » de Catherine Delannoy Ed. Eyrolles)

On peut aussi stimuler ses voûtes plantaires avec une plume, ou une petite brosse que l’on frotte sur les bords externes du pied du talon vers le petit orteil (observer les doigts de pieds s’étirer en éventail).

L’utilisation d’une petite brosse douce est aussi très pratique pour stimuler la zone de la colonne vertébrale très doucement de bas en haut, ou sur les côtés de la colonne de haut en bas (attention à ne stimuler qu’un côté à la fois sinon bébé risque de faire pipi !). Utiliser ces petites stimulations aussi dans et sur ses mains.

Porter souvent le bébé, et ce, même pendant des activités diverses, stimulera son sens de l’équilibre, développera l’accommodation visuelle, etc.

Lui faire faire des balancements, des bercements, jouer dans un hamac.

D'une façon générale, placer régulièrement, puis de plus en plus souvent, le bébé sur le ventre, sur le sol lorsqu'il est éveillé : ceci va renforcer le tonus musculaire des muscles du cou, du dos, des bras, et développer ses compétences visuelles par le biais d'une accommodation répétée.

Éviter autant que possible l’usage du cosy qui le met en position semi-assise à un âge où son tonus musculaire n'est pas encore assez développé. Éviter aussi le trotteur (youpala) qui ne va pas l'encourager à se déplacer par ses propres moyens et qui, la plupart du temps, escamote la période du 4 pattes.

À l’époque où il devrait se mettre à ramper, l’allonger sur le ventre et positionner une main contre ses plantes de pieds afin qu’il prenne appui sur cette main et découvre peu à peu qu’il peut se déplacer. Cela peut prendre du temps, surtout si le bébé n’aime pas être sur le ventre. Cet exercice, fait chaque jour à  « dose homéopathique » et avec beaucoup de joie et d’enthousiasme l’aidera à découvrir le « 4 pattes ».

Éviter également l'utilisation du parc qui ne devrait être utilisé que modérément. Le champ d’exploration plus vaste de la maison – une fois sécurisé  - est propice à de multiples expérimentations sensorielles.

Une habitude est vite prise d’ôter le moindre obstacle à la progression d’un bébé qui commence à ramper ou à se déplacer à 4 pattes. Si l’obstacle ne présente aucun danger, le laisser sur son chemin. Ne pas perdre de vue que trop vouloir « faciliter » la progression de son enfant ne l’encouragera pas à développer des stratégies d’adaptation et ne lui donnera pas le goût de l’effort. Ce, bien entendu, toutes proportions gardées. Il ne s’agit pas d’installer un parcours du combattant dans le salon !! Le but est que le petit enfant réussisse toujours, et ce, le plus possible par lui-même.

Quand le bébé est un peu plus grand, le laisser jouer dans l’eau (toujours sous surveillance bien sûr), ou, s’il est très énervé, une bassine d’eau avec quelques jouets (récipients de tailles différentes, jouets qui flottent ou non, etc.) l’aideront à retrouver son calme.

Lui proposer la manipulation de multiples textures.

Toutes ces activités sont des propositions que les parents sauront décliner avec beaucoup de créativité. Ces moments partagés avec votre enfant doivent rester des moments de joie et de plaisir pour tous. Encourager son bébé avec bienveillance et sagesse reste la plus belle des stimulations à lui offrir, ce qui reste valable pour l’enfant qui grandit et l’adolescent qui s’épanouit.

 

                                                                       

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 










0 à 1 mois

Durant le premier mois de sa vie, le bébé commence à lever la tête lorsqu’il est couché sur le ventre. Ce mouvement de la tête contre les forces de gravité demande un effort important. Mais le corps « sait » que cet effort vaut la peine. En soulevant la tête, le bébé va renforcer sa nuque et sa ceinture scapulaire. Dans quelques mois, ces muscles seront assez puissants pour lui permettre de tenir sa tête bien droite. Couchés sur le dos, les bébés agitent leurs membres de manière spasmodique et incontrôlée. Ces mouvements renforcent les membres et permettent progressivement de les contrôler.

 

1 à 3 mois

A ce stade, les os et muscles sont encore faibles tandis que la tête est encore assez lourde. Néanmoins, le bébé persévère dans ses efforts et vers la fin du troisième mois, il soulève la tête en prenant appui sur le torse. Ses membres se renforcent en abandonnant progressivement leur position fœtale. Les mouvements et les gestes deviennent plus réguliers et plus longs et semblent plus « organisés » et intentionnés alors que les réflexes sont de moins en moins dominants. De plus, les muscles se renforcent progressivement.

 

Lorsque le bébé tend son bras de manière involontaire et touche un objet ou un jouet, plusieurs effets en découlent. La stimulation physique entraîne le mouvement des yeux vers le jouet, c’est ainsi qu'il entame le développement de la coordination œil-main. A la fin de cette étape, les mouvements contrôlés sont plus nombreux.

 

3 à 6 mois

A partir du troisième mois, les mouvements deviennent intentionnels, volontaires et contrôlés. Lorsque le bébé désire quelque chose, il tend son bras et porte l’objet à sa bouche. Durant les mois à venir, il va améliorer la maîtrise de la tête ; il aime être sur le ventre pour des laps de temps de plus en plus longs et s’entraîne à lever la tête et le torse en s’appuyant sur les avant-bras. Il apprend à se retourner du ventre sur le dos et peut-être vice-versa. Il commence à ramper, il découvre les moyens qui vont lui permettre la mobilité. À six mois, si on l’assied, il peut tenir, sans pencher sur le côté. Mais ne le forcez pas, il restera assis de lui-même lorsqu’il en sera capable.

 

6 à 9 mois

Le bébé se déplace (en rampant ou à quatre pattes) il peut maintenant aller où il veut, la maison et son environnement deviennent une véritable « aire de recherche », explorée tous les jours de fond en comble. Vers neuf mois, il peut s’asseoir tout seul, il joue et examine les objets avec ses DEUX mains. En rampant, il exprime sa curiosité et son désir d’apprentissage et de découverte. Il est primordial à ce moment de lui assurer un environnement sécurisé qui stimule et encourage sa curiosité et son sens de la découverte.

 

9 à 12 mois

A cet âge, le bébé acquiert de nombreuses capacités et atteint une étape importante de son développement. Il commence à s’asseoir tout seul, à ramper, à se déplacer à 4 pattes, à changer de position assez facilement et éventuellement à tenir debout. Certains bébés marchent déjà à un an. Sa nouvelle agilité et la meilleure maîtrise de son corps encouragent son désir de toucher et d’examiner tout ce qui l’entoure. Il est à présent plus compliqué et bien plus fatiguant de le surveiller et de le guider. S’il est important de le laisser explorer le monde à sa manière, il faut être conscient des dangers qui le guettent là où il va. Essayez de maintenir un équilibre sain entre la nécessité de le protéger et la surprotection, afin de ne pas freiner ses progrès.